Le cinéma d'auteur, les DVD piratés et Amos Gitaï en Chine

J’écoute l’émission culturelle de France Inter, le Masque et la Plume de dimanche dernier qui fait la critique de plusieurs films à l’affiche. Les dernières minutes de l’émission sont consacrées au film du réalisateur israélien Amos Gitaï « Le dernier jour de Rabin » retraçant l’assassinat en 1995 de Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien. Cette discussion me plonge dans les réminiscences de notre rencontre avec Amos Gitai, en mai 2010 à l’occasion de la projection de « Free Zone » avec Nathalie Portman (2005) lors de la Semaine du film français de Hangzhou organisée par l'AF où je travaillais.

 

Je me souviens de l’échange entre Amos Gitai et les spectateurs chinois qui avait tant mis dans l’embarras la jeune traductrice chinoise. Je me souviens nos amitiés si métissées qui nous entouraient lors de cette projection. Je me souviens aussi de la forte impression qu’Amos Gitai avait fait sur nous tous, là et au moment où nous pensions vivre coupés du monde dans la sino-bulle des « expats » sans le sous d’une ville de province de la côte est chinoise.

Amos Gitai s’était dit très fier d’avoir trouvé 3 de ses films chez un vendeur de DVD pirate de Shanghai. Je repense alors à notre vendeur de DVD au bas de notre immeuble, cinéphile reconnu qui collectionnait un nombre colossal de films d’auteurs étrangers et chinois, souvent interdits en Chine, et qui a éclairé nos années chinoise de plus d’une centaine d’œuvres cinématographiques de tout horizon et de grande qualité. Cette extraordinaire chance d’avoir accès aux films des plus grands festivals de cinéma internationaux grâce au DVD pirate offre au peuple chinois et à tous ses expats une incroyable et essentielle ouverture sur le monde. Mais ayant quitté la Chine il y a déjà 3 ans, je me demande si des DVD piratés sont encore disponibles à tous les coins de rue pour la modique somme d’un euro ?

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