Le Totem du loup de Jiang Rong

Publié en poche en mars 2009, 640 p., EUR 8,10 

Article écrit par Danie

Lang Lu Teng, de son titre chinois, est un très beau roman d’aventure chinois devenu un best-seller international. Traduit en français et publié en 2004 aux Editions Bourin, LE TOTEM DU LOUP a été écrit par Jiang Rong. Il raconte la forte relation qui unit les loups et les mongols. Même si leurs rapports semblent être ceux de deux ennemis, le lecteur va découvrir qu’il s’agit en fait, d’une relation de professeur à élève.


L’histoire de Chen Zhen, se déroule pendant la Révolution Culturelle. Lui, c’est un « zhi qing ». Mot qui désigne les jeunes intellectuels qui étaient expédiés à la campagne, très loin de leur foyer pour être rééduqués. Forcés par le régime à vivre comme des agriculteurs, leurs rêves et leurs vies ont été détruits.

 

Le héros de Jiangrong est un intellectuel pékinois plutôt chanceux. En effet, il est envoyé dans la steppe Erqi, loin du centre politique. Un endroit isolé de la Mongolie Intérieure où peu de chinois vivent. Il n’y a que la nature, la steppe, les loups mais aussi le peuple mongol sincère et franc. Pour Chen Zhen, la steppe ressemble à un paradis.

Un vieux mongol lui apprend à connaître les loups, la steppe, la chasse et le ciel. Le ciel représente le dieu des mongols, ils l'appellent «Teng Ge Li». Ces longues conversations avec son ami, éveillent en Chen de plus en plus d'intérêt et de curiosité envers les loups.
Pour étudier de manière scientifique le caractère du loup, Chen Zhen chasse un louveteau et décide de l'élever. Vivant aux côtés du petit loup, Chen le regarde grandir et éprouve graduellement les mêmes émotions que lui. Finalement, il comprend la nature du loup et pourquoi les mongols le tiennent en si haute estime.
A la fin du roman, le loup de Chen, Xiao Lang tombe gravement malade. Chen qui connaît désormais bien le loup sait qu'il doit mourir comme un héros, et non pas à cause d’une maladie. Chen se décide donc à tuer son loup apprivoisé.

Au fil du roman, de plus en plus d’immigrants chinois s'installent dans la steppe pour cultiver la terre. Incapables de co-habiter avec les loups, ils les chassent et les tuent. Finalement, les loups ont disparu de la steppe. La balance de la nature ainsi endommagée, la steppe dégénère petit à petit et se désertifie. La Mongolie Intérieure est désormais une localité bien chinoise et la population mongole a dû changer son style de vie, du nomadisme à la sédentarisation.

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