Chroniques de l’oiseau à ressort d'Haruki Murakami

Réédité en 2014 par 10/18, 960 p., EUR 9,90

Ceux qui détestent quitter des personnages romanesques auxquels ils se sont attachés apprécieront le fantasque pavé de Haruki Murakami, Chroniques de l’oiseau à ressort. A trimballer dans ma besace ce roman-fleuve, entre la Chine et le Laos, je passerai finalement quelques jours dans la ville natale de l’auteur : Kyoto la spirituelle.

De ces personnages oniriques posés sur la toile de fond bleu pastel et oiseau encagé de la couverture du poche (défilé) on sympathise d’emblée avec Toru Okada, chômeur et narrateur. Alors qu’il est en quête frénétique de son chat disparu qu’il ne parvient pas à retrouver, sa vie bascule et sa femme-amour le quitte. Pourquoi, s’interrogent Toru et son lecteur, peut-être à cause de ce chat qui ne revient pas ?

 

Le roman d'Eris Faye, Nagasaki, donnait également à la rentrée 2010 un aperçu de l’étrangeté monotone de la vie domestique à la japonaise. Chez Murakami, tout ou presque se déroule dans ce salon ou non loin, comme au théâtre. On y rencontre de page en page, des personnages simples et délirants qui racontent leur histoire. Et peu à peu, tissent une toile autour de Toru qui semblait vivre avant tout ça une vie tellement normale.

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Une voisine adolescente qui bronze le long des jours dans son jardin, rencontrée après avoir sauté le mur de son jardin, traversé la ruelle emmurée (tout ça pour retrouver son chat). Le narrateur se lie d’amitié avec la jeune fille, part avec elle se faire un peu d’argent de poche en comptant les chauves dans la rue. Il se trouve obligé par sa femme de se rendre à un rendez-vous avec une voyante : Mano et sa sœur Creta (toujours pour soi-disant retrouver le chat)… Entre en scène, le frère diable et instable dont l’ascension fulgurante de politicien ne nous laisse pas moins suspicieux. Indice s’éclaircit à travers cette figure, un danger psychique s’installe. Ce quelqu’un est la preuve concrète, que quelque chose ne tourne pas rond.

Puis, apparaît un ami de la famille annonçant un héritage qui finalement s’avèrera n’être qu’une simple boîte et un prétexte du mort pour mettre en contact Toru et l’exécuteur de cet héritage. Ce vieil homme, assis dans son salon (de théâtre) va lui dévoiler en plusieurs épisodes entrecoupés de lettre et d’autobus, l’histoire de sa vie et l'Histoire guerrière du Japon. Guerre sordide où il sera amené à rencontrer russes et mongols trucideurs, à passer par un camp de concentration et au fond d’un puit. Cette rencontre amènera notre narrateur à passer lui aussi du temps au fond d’un puit pour…le lecteur n’est pas trop sûr d’avoir bien compris pourquoi. En tout cas, il réussit à entrer dans l’envers du décor, le monde de l’inconscient où sa femme (partie) l’appelle au secours et qu’il finira par la guérir (de son frère).

Alors vous aussi, les « Mura-Kroniriq » vous ont séduites ? Mais attention, un seul par an sinon on en perd la tête !

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