Mariage bangladais

En mars 2015, Vlad et moi nous partons passer un long week-end à Dhaka au Bangladesh à l’occasion du mariage de nos amis et voisins, Hasnin et Luisa (d’orgine sino-malaisienne). Nous sommes merveilleusement bien reçus par la famille d’Hasnin.

 

Les parents d’Hasnin vivent dans le quartier résidentiel de Bashundhara que les habitants appellent « le royaume ». C’est celui d’un fameux gangster de Dhaka. Le « royaume » est gardé par 500 policiers et seulement ses propres pousse-pousse sont autorisés à rentrer ! On est surpris de voir que les immeubles en construction se touchent presque et qu’en ouvrant la fenêtre, on pourrait facilement discuter avec son voisin. Mais Dhaka manque d’espace pour loger son importante population. On rejoint facilement à pied le centre commercial Jasmuna Future Park qu’a construit le roi de notre quartier et proclamé le plus grand centre commercial d’Asie du sud-est ! Shopping FOU au pays du coton !

 

La veille du mariage, la famille organise une cérémonie pour les proches. Les filles s’y préparent plusieurs heures auparavant chez Salma, la tante d’Hasnin. Dans sa chambre au décor de poupée, elle dirige les opérations. Les sœurs de Luisa sont déjà magnifiquement habillées de saris bleu et violet, maquillées et décorées de bijoux. Salma, qu’on appelle tous « antie », me choisit un sari vert olive et un boléro mauve. Le sari, c’est un très long tissu brodé qui peut s’enrouler et se plier de différentes façons en fonction de l’effet voulu. Il s’accroche avec de nombreuses épingles à nourrice. Les invités grimpent dans la salle des fêtes sur le toit de l’immeuble. En attendant les mariés, on se gave de quelques délicieux gâteaux mous à base de carotte, de lait, de papaye et d’épices telles que la cardamone, l’anis et la cannelle.

 

SARI

Lors de la cérémonie de mariage, Luisa, ses soeurs, "antie" et sa fille en saris

 

Sous un long voile de tulle rouge, Luisa ressemble à une véritable poupée de porcelaine en sari vert pomme et rouge. On jette des fleurs sur les mariés dans l’escalier et ils viennent s’asseoir devant les invités. Chacun à notre tour, en couple, on s’assoit à leurs côtés et on vient leur déposer de la pâte de curcuma sur le visage et leur faire manger à la petite cuillère des friandises tout en les félicitant. C’est un rituel très chaleureux. Mais soudain, l’électricité est coupée ! Tous les invités viennent s’installer sur la terrasse en attendant que le générateur se mette en marche.

Après la cérémonie, on part en convoi de voiture plein de copains et copines très sympas faire un tour de la ville de nuit à la recherche d’un vendeur de bière, commerce illégal au Bangladesh. On s’arrête au « marché mobile », les vendeurs apportent la commande directement à la voiture : jus de fruits, cigarettes… Après quelques appels téléphoniques, un vendeur sort de derrière les fagots avec un pack de bières enveloppé dans du papier journal. Une bière de 25cl coûte 3,5 euros, une petite fortune. On rejoint l’appartement d’un copain où il vit avec ses parents, en espérant qu’ils seront couchés. On cache les bières dans un grand sac : parfum de l’adolescence retrouvée… !

Bien sûr, les parents sont debout et s’amusent de voir tous ces grands se cacher dans la chambre de leur fils. Après plusieurs bières, morceaux de guitare et amitiés partagées, je me réfugie avec la sœur de Luisa et son mari dans le salon pour faire un petit somme : coussin, bibliothèque et tapis au sol… Super cozy !

Tôt le matin, de retour chez les parents d’Hasnin où nous sommes traités comme des rois. Ils ont loué l’appartement du dessous pour loger tous les invités et à chaque repas, plusieurs plats délicieux sont servis : viandes en sauce ultra épicées, poissons et gambas de rivières, épinards rouges, minuscules pommes de terre et courges, chapatis… Difficile de quitter l’antre familial. D’autant plus qu’Anwar, le père d’Hasnin, nous prévient que la circulation dans la capitale est si terrible qu’il nous faudra peut-être deux heures de tricycle pour rejoindre le vieux centre à l’architecture moghol ! Tant pis, on saute dans un pousse-pousse et on part explorer le quartier chic des ambassades à quelques kilomètres de là : se promener dans le parc « member only » et déguster quelques pâtisseries au salon de thé.

Le soir du mariage, préparation sans fin au salon de beauté pour la mariée. « Antie » m’habille en deux temps trois mouvements d’un superbe sari mauve et on part avec le marié en voiture. La salle n’est qu’à quelques kilomètres mais on reste coincés dans les embouteillages pendant une heure tandis que Luisa nous attend assise comme une reine sur une estrade. Couverte d’un voile rouge de tulle, elle porte une robe de 4 kilos décorés de bijoux en métal. Les invités viennent s’asseoir à ses côtés et prendre des photos pendant qu’Hasnin se déplace dans la salle pour les saluer.

 

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Lors du mariage : Luisa, sa soeur et Saddaf, une amie

 

On s’assoit sur une longue table avec la famille des mariés et on mange du riz briyani accompagné de mouton et de poulet au curry. On boit du yaourt très épicé et on termine par une crème dessert à la noix de coco. On nous apporte aussi une petite boîte avec une feuille et des épices qu’il faut mâcher et avaler pour bien digérer. Toutes les femmes sont vêtues de tissus riches et colorés, quelle élégance ! A la fin du mariage, les copains d'Hasnin se réunissent autour des mariés, les portent et les décorent de guirlandes de fleurs.


Le lendemain, je corrige longuement mes copies et puis, il nous faut repartir à KL avec la famille malaisienne de Luisa. Direction l’aéroport où l’on s’occupe de nous comme des VIP ! Retour dans la nuit et cours à 8h, je me rends donc directement dans mon bureau pour faire une courte nuit dans la chaise longue de ma collègue !

 

chambre

Dans la chambre de "Antie", avec Luisa, Hasnin et sa mère

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