Suzhou

Marcher, dans la rue, le long du canal
dans ce beau silence nocturne
nos pas émerveillés contre le pavé.


Ne pas douter
que par là sont passés
des millénaires
gris et doux
comme la pierre.

 


De l’autre côté du pont
trois marches, mènent au canal
de petites vieilles femmes
les mains dans l’eau
nettoient des bassines.

Il fait si froid,
les mains rouges, pourtant
En dialecte, elles papotent
joyeusement.


L’été, je me souviens au coin de cette rue,
les vendeurs à bicyclette de cigales
dans de minuscules cages d’osier.


Le long d’un mur blanc
Se trouve l’entrée du Jardin des humbles.

Portes rondes sur un monde magique
Accrochés aux cloisons, des fenêtres-tableaux donnent à voir,
Dans une cour, branches et sculpture tortueuse de pierre bleue.

Une pièce là, posée sur le lac
entre les pierres et les arbres
Salon où sont exposés des meubles anciens,
Chaises carrées, de bois noir
Porcelaine et poème rouge à la verticale.

Bonzaïs frileux, effeuillés par l’hiver clair
Pavillon en haut d’un escalier
Abrite le promeneur rêveur.

Soudain, fonce un groupe de touristes
dont le mégaphone s’agite dans l’air
et bientôt, à nouveau
silence et corneille.

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