Ma résidence Pantai Hillpark

 En septembre 2013, Vlad et moi, nous nous installons en Malaisie à Kuala Lumpur après avoir vécu quatre belles années en Chine. Partage d'expérience sur la vie dans une résidence à la malaisienne.

           

Ma résidence porte le nom pompeux de « Pantai Hillpark » et possède un quinzaine d’immeubles à la façade blanche de 8 à 20 étages autour d’une grande cour pavée de rouge et de trois bassins à l’eau turquoise où les enfants fous s’en donnent à cœur joie. Au bord de la piscine, on s’installe à la « terrasse », chaises et tables en fer forgé sous un toit de plexiglas pour paresser et partager des verres avec nos voisins. Juste derrière, sous les palmiers, des parterres de fleurs tropicales : Spider Lili blanches, Canna rouges et Héliconia orange. Dans un petit espace à l’écart, les enfants cultivent leurs potagers et se retrouvent tous les samedis pour jardiner. 

 

Sous les fenêtres des immeubles, des bancs font cercle autour de frangipaniers et d’arbres à orchidées. Dans le bâtiment central, on trouve tout ce dont on aurait besoin si on devait vivre coupés du monde : un mini-salon de beauté, un mini-pressing, à l’étage une salle de gym avec d’antiques machines de muscu, des tapis de courses et des vélos d’appartement qui ont beaucoup de succès. 

Au rez-de-chaussée, un large terrain de badminton couvert toujours occupé. Mais là où tout le monde passe et s’arrête, c’est le mini-market qui vend tout ce qui est possible dans une surface d’à peine quelques mètres carré : pain arabe, lunettes de piscine, légumes, canettes de bière, anti-moustique, bidons d’eau… C’est là que se croisent chaque jour des dizaines de résidents de toutes ethnies et nationalités. Les trois grandes ethnies malaisiennes (indienne, malaise et chinoise) sont toutes bien représentées et cohabitent dans la bonne humeur avec toutes les étudiants étrangers, « cerveaux » venus de tout le monde musulman poursuivre leurs études en Malaisie car nous ne sommes qu’à quelques kilomètres du campus. 

 

A l’époque où mon collègue Kamil n’était qu’un étudiant, la jungle entourait le campus de l’université Malaya. Aujourd’hui, il reste une large parcelle de forêt tropicale à 10 minutes à pied de ma résidence. C’est Bukit Gasing où on aime se promener et qui est resté assez sauvage. Singes, caméléons, serpents côtoient les randonneurs du soir.

Un restaurant, ou plutôt une « cantine », jouxte le mini-market. On appelle ce type de restau un « mamak », du nom de la communauté indienne à confession musulmane. Ici, on vient manger un « naan », pain indien cuit dans un four en forme de jarre, accompagné d’un morceau de poulet tandoori. Les Malaisiens y viennent aussi siroter un « thé tarik ice » thé noir au lait avec des glaçons ou un « mango lassi », tout en surfant sur leur Smartphone. C’est un restaurant « halal » donc tout le monde y trouve son compte. 

 

Quand nous sommes venus visiter Pantai Hillpark, la navette de l’université nous a déposés juste devant. On a grimpé la colline jusqu’à la résidence et on s’est dirigés vers le panneau des petites annonces. On y a trouvé notre appartement de 3 chambres avec balcon et carrelage blanc. On s’est assis au « mamak » boire un thé, on a téléphoné à la propriétaire, Sunita une avocate malaisienne d’origine indienne et on a sympathisé avec le serveur. En Malaisie tout le monde parle anglais, ex-colonie britannique oblige, alors tout est si simple. 

Le lendemain, on s’installait dans l’appart de Sunita, tout hébétés en s’imaginant vivre ici pour la modique somme de 300 euros par mois ! Le quartier est très malais et au début, l’appel à la prière nous réveillait en sursaut. Et puis, on s’est habitués. C’est un quartier qui n’est pas des plus riches car il y a beaucoup de logements sociaux. La classe moyenne de ma résidence côtoie donc les plus pauvres. Sous les HLM, il y a aussi des maisons de plein pied en bois aux jardins fleuris, des bouis-bouis et des vendeurs de papayes. Un grand marché nocturne à ciel ouvert s’installe deux soirs par semaine, essentiellement fréquenté par des Malais. 

Puisque Kuala Lumpur, ville électrique et aux tendances chaotiques s’est agrandi au fil de la croissance malaisienne, mon quartier est maintenant considéré comme presque central. Un centre commercial vient même d’ouvrir et plusieurs résidences chic sont en construction. Mon quartier a été rebaptisé « Bangsar South » en référence au celui de « Bangsar » situé à 15 kilomètres. C’est là où les expats vont faire leurs courses et dîner.

 

Moi qui aie grandi en Bretagne, dans une maison de pierre, je ne me serais jamais imaginé vivre dans une telle résidence et surtout de m’y sentir si bien.

 

 

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